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CONTES AFRICAINS
:
L'union fait la force
Le bras, la jambe et le ventre
L'ingratitude
Le lièvre
et le chef
Les
coépouses
L'union fait
la force : ( conte africain )
Voici ce que j'ai vu :
Ce n'est pas aujourd'hui que le monde a commencé,
ce n'est pas aujourd'hui qu'il va finir.
Il y avait un vieux avec ses fils.
Il avait dix fils.
Il prit dix brindilles et les attacha ensemble.
Il donna ces brindilles à l'un de ses fils,
il lui dit "Brise-les".
Le fils ne put les briser.
Alors il sépara les brindilles,
il en donna une à chacun.
Chacun put briser sa brindille.
Alors le vieux leur dit :
"Si vous êtes séparés,
vous voyer qu'on peut vous briser,
mais si vous êtes unis,
personne ne pourra rien contre vous".
C'est cela que j'ai vu.

Le bras , la jambe et le
ventre
"Conte Agni"
Au fond
d'une forêt presque impénétrable vivaient un
homme et sa femme. Ils avaient trois enfants
qu'ils élevaient le mieux possible malgré leur
misère. Et souvent le soir, ils disaient:
"Ne soyez pas ingrats ! N'oubliez
pas les services que l'on vous a rendus.
Sachez partager ce que vous possédez avec ceux
qui sont plus pauvres que vous. L'égoïste
finit toujours par être puni."
Et pour illustrer leurs paroles,
ils ne manquaient jamais de faire des récits
qui montraient que l'on ne doit jamais oublier
les bienfaits.
J'ai oublié de vous dire que le
premier enfant s'appelait Ventre, le second
Bras et le troisième Jambe. Ils écoutaient
sans rien dire les leçons de leurs parents.
Un jour la mère meurt et les trois
frères décident de quitter la maison de leur
père afin de mener une vie indépendante. Ils
veulent garder pour eux le fruit de leur
travail. Leur père, déjà bien vieux, les
supplie:
"Restez avec moi ! Qui me soignera
quand je ne serai plus capable d'aller
moi-même aux champs ? Qui s'occupera de mes
funérailles ? "
Mais les trois fils n'écoutent pas
les prières de leur père et ils partent. Seul
l'ainé, Ventre, promet de revenir quand il
aura fait fortune pour s'occuper de son père.
Un peu consolé par ces promesses, le vieil
homme les regarde disparaître sur l'étroit
sentier qui mène dans la forêt. Puis
tristemement, il prend sa daba et sa machette
et il part dans sa plantation.
"A quoi bon tant souffrir pour
élever des enfants, pense-t-il, puisqu'ils
vous quittent au moment où vous avez besoin
d'eux." Et il marche tristement courbé vers le
sol.
Mais revenons à nos trois frères.
Ils marchent longtemps, longtemps, pendant
plus de deux lunes. Enfin, Jambe s'arrête et
dit aux autres:
"Ouf ! je suis fatigué ! voici un
bon coin. Le sol paraît fertile. L'eau du
marigot est claire et abondante. Je vais
m'installer ici."
Et il pose son fardeau par terre.
Les deux autres lui disent au revoir, lui
souhaitent bon courage et continuent leur
route. ...
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La famine régnait alors dans tout le pays. Un homme sort de chez lui, pour
aller se promener en brousse. Il arrive au bord d’un vieux puits. Il se penche
pour voir s’il y avait de l’eau, et il découvre, au fond du puits, un homme
entouré d’un lion, d’un singe et d’un serpent. Il décide de les sortir
de là.
Il part chercher de longues lianes. Il attache une extrémité des lianes à
une grosse branche située près du puits, et il jette l’autre extrémité
dans le puits. Le singe se précipite et sort le premier du puits. Il est
bientôt suivi du lion, puis du serpent. Il ne reste plus que l’homme à tirer
d’affaire. Les animaux sortis du puits conseillent alors notre
promeneur :
« Attention, surtout ne laisse pas cet homme sortir du
puits ! »
Mais notre homme réplique : « Comment çà ? Je vous ai
aidés à sortir, et j’abandonnerai mon semblable au fond de ce
puits ! ». Et il aide l’homme à sortir du puits. Tous remercient
notre promeneur, et lui promettent qu’ils n’oublieront jamais ce qu’il a
fait pour eux.
Quelques jours plus tard, la famine sévissait toujours. Notre homme décide
d’aller à nouveau en brousse, en quête de fruits sauvages. Il rencontre le
singe qui lui demande : « N’est-ce pas toi qui nous a aidés à
sortir du puits, l’autre jour ? ». L’homme lui répondit :
« C’est bien moi ! ». Alors le singe lui rappelle qu’il lui
avait promis de l’aider quand l’occasion se présenterait. Puis il invite
notre homme à s’asseoir. Le singe appelle alors ses congénères qui arrivent
nombreux. Il leur dit :
« Cet homme m’a sauvé la vie. Allez chercher les fruits du néré,
et apportez-moi tout ce que vous aurez trouvé. ». Ils partirent
aussitôt. Ils apportèrent une telle quantité de gousses de néré, que notre
homme n’a pas réussi à emporter le tout à la maison.
Quelques jours plus tard, notre homme sort de chez lui, pour parcourir la
brousse à la recherche de nourriture. Il croise le lion qui lui demande :
« N’est-ce pas toi qui nous a aidés à sortir du puits, l’autre
jour ? ». L’homme lui répond : « C’est bien
moi ! ». Alors le lion se met à rugir longuement, et une foule d’animaux
sauvages se rassemble. Le lion leur dit : « Écoutez bien ma parole. C’est
un ordre que je vous donne. Retournez en brousse, et rapportez moi sans tarder
du gibier. »
Peu de temps après, les animaux sauvages reviennent avec quantité de
gibier. Et voici notre homme, tout heureux, qui retourne à la maison ployant
sous le poids du gibier.
Bientôt, il entend parler de l’homme qu’il avait sauvé. Ce dernier s’était
mis au service d’un homme riche et puissant. Comme la famine sévissait
toujours, il se dit qu’il va aller le trouver pour lui demander son aide.
Il arrive dans le village de cet homme riche et puissant au moment où la
fête battait son plein. Il croise l’homme qu’il avait sauver du puits. Mais
le regard haineux de celui-ci en dit long sur ses intentions ! Cet homme
connaissait bien le chef du village. Il va le trouver pour lui dire :
« Prends garde à toi. Un étranger vient d’entrer dans ton village. C’est
un homme mauvais. Chaque fois qu’il entre dans un village, ce n’est que
malheurs et destructions pour tous les villageois. Le seul remède : Il
faut l’attraper, le ligoter et l’abandonner sur une haute colline. Trois
jours après il faudra l’égorger et faire une fête en l’honneur des
esprits du village pour écarter le malheur. »
Le roi suit aussitôt ces conseils. Et notre homme se retrouve sur la colline
qui domine le village, sous un soleil brûlant. Il ne peut pas bouger. Les
cordes avec lesquelles il a été ligoté le font souffrir, et le blessent
cruellement. Parfois il gémit, parfois il hurle de souffrances. Un serpent
passait par là. Il entend notre homme et s’approche : « N’est-ce
pas toi qui nous a aidés à sortir du puits, l’autre jour ? ». L’homme
lui répondit : « C’est bien moi ! ».
Le serpent
reprend : « Je vais te donner un remède, une feuille magique. A l’aide
de cette feuille, tu iras ressusciter le fils du chef de village que je vais
aller mordre mortellement tout de suite. Toi, pour l’instant, n’arrête pas
de crier ceci : ‘ Chez nous, un serpent ne peut pas nous faire de mal. S’il
mord l’un d’entre nous, notre médicament le protégera ou le
ressuscitera. »
Et le serpent entre au village. Il n’a pas de mal à trouver le fils du chef qu’il mort à la jambe, et bientôt notre homme entend
les pleurs et les cris qui montent jusqu’à lui depuis la cour du chef. Au
même moment, une vielle femme passe devant lui : elle rentre de la brousse
avec son fagot de bois sur la tête. Elle entend notre homme qui crie :
« Chez nous, un serpent ne peut pas nous faire de mal. S’il mord l’un
d’entre nous, notre médicament le protégera ou le ressuscitera ».
Quand elle a déposé son fardeau, on lui annonce la mort du fils du village,
mordu par un serpent. Elle va trouver le chef et lui rapporte les cris de notre
homme ligoté et abandonné sur la colline : « Chez nous, un serpent
ne peut pas nous faire de mal. S’il mord l’un d’entre nous, notre
médicament le protégera ou le ressuscitera. »
Le chef ordonne alors d’aller détacher notre homme, de lui donner à
boire, et de le conduire auprès de son fils. Bientôt notre homme se trouve
auprès de l’enfant du chef, étendu sur une natte, sans vie. Il pose la
feuille que le serpent lui a donné sur la tête de l’enfant. Celui-ci
commence par éternuer, puis il se relève comme s’il sortait d’un profond
sommeil.
Le chef se tourne alors vers notre homme pour le remercier, et lui promet de
lui offrir tout ce qu’il demandera. Celui-ci, réclame alors la cervelle de
celui qui a menti sur son compte. Ce dernier se trouvait alors auprès du chef.
Celui-ci ordonne aussitôt de le saisir et de le mettre à mort, pour en donner
la cervelle à notre homme. Ce qui fut fait sur le champ.
Conte en boore (apparenté au bwamu) - région de Bomborokuy - Zékuy :
Nord-Ouest du Burkina Faso.

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Le
lièvre s’était lié d’amitié avec le chef du village. Un jour, après
un repas qui avait été plus abondant que de coutume et où la bière
avait coulé à flot, le lièvre provoqua le chef du village et lui dit :
-
Tu auras beau faire, je suis
plus malin que toi.
-
Pour qui te prends-tu ? , rétorqua le chef.
-
Et bien, répondit le lièvre, nous allons en faire la preuve.
-
Je suis, d’accord. Si tu arrives à te montrer plus rusé que moi, je te
donnerai 80 bœufs de mon troupeau, mais si c’est moi qui gagne, je ne
te réclamerai que sept têtes de tes moutons…
Comme
la fête annuelle du village devait avoir lieu dans quelques jours, le lièvre
proposa :
-
Toi et moi, nous allons préparer de la bière pour la fête, on va parier
sur ce point : quel est celui qui va présenter la meilleure bière
et en plus grande quantité ?
-
Mais, mon pauvre lièvre, tu es ridicule ! Tu vis seul avec ta hase,
ta seule femme. Comment pourrra-t-elle concurrencer mes 20 femmes ?
-
Inutile de vouloir comparer le serpent avec une tige, quand on peut
mesurer avec ses yeux, répondit le lièvre.
L’avant-veille
de la fête, les familles se mirent en frais pour la préparation de la bière :
on ramassa le bois, on alluma les feux…
Pendant
ce temps, le lièvre, après avoir averti la hase, descendit dans
l’unique puits du village et se cacha dans une cavité au fond près de
l’eau.
Quand
les femmes du chef vinrent en bande pour puiser de l’eau, une voix
d’outre-tombe sortit du puits :
Femmes
à la démarche de reines, attention ! Je suis dans le puits et je
vous y attends.
Aussitôt,
abandonnant leurs seaux et leurs canaris, elles s’enfuirent chez le
chef…
Alors
le chef envoya ses serviteurs avec des bâtons, ils regardèrent dans le
puits, ils ne virent rien. Un des serviteurs se préparait à descendre,
alors, une voix qui semblait sortir du fond du puits :
-
Serviteur du chef, attention ! Je me repose dans les profondeurs du
puits, ne me dérange pas, sinon je t’attends…
Sans
attendre son reste, le serviteur qui avait enjambé la margelle du puits,
d’un coup de rein, ressortit et rejoignit ses compagnons, qui avaient déjà
regagné la maison du chef ?
Tous
étaient surexcités dans la cour du chef, mais personne n’osait plus
s’approcher du puits maudit…Pendant ce temps la hase venait puiser de
l’eau…
Le
jour de la fête, la hase se présenta chez le chef avec une gourde de bière.
Elle était accompagnée par son mari le lièvre, habillé en jour de fête…
Le
chef comprit alors le subterfuge du lièvre…ne se fâcha pas…félicita
le lièvre…et lui fit donner séance tenante les 80 bœufs qu’il avait
gagnés. Bien plus, il couvrit Poko la hase de présents.
Le
chef n’était peut-être pas un rusé, mais c’était un sage.
Si
ton ennemi est plus fort que toi,
tends lui la main de la paix. Conte moosi

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J’ai tué un bœuf….
Il était une fois, un homme
qui avait une femme.
Un beau jour, il décida d’en
prendre une deuxième. L’arrivée de la deuxième femme, fut la joie de
la famille, y compris celle de sa première femme.
Chaque jour, le soleil se
lève, et se couche,
et la paix et la joie règnent dans cette famille.
La deuxième femme était la
préférée de son mari,
et elle avait toutes ses faveurs.
Elle eut sa première grossesse et enfanta un garçon.
Cela fut la joie de son mari,
et l’amour grandissait au jour le jour.
A cause de son accueil et de
son dévouement au travail,
la deuxième femme faisait la joie de toute la famille,
et même du quartier et du village.
C’était une femme toute
souriante et pleine de zèle, disponible, respectueuse. Mais, la jalousie
grandissait chaque jour dans le cœur de sa coépouse. Et voici qu’un
jour celle-ci décida de lui enlever la vie. Mais comment faire ?
Elle chercha tous les moyens possibles pour tuer cette dernière qui l’empêchait
d’être heureuse et d’avoir l’amour de son mari. Ne trouvant pas de
solution, elle décida de continuer sa réflexion. Un beau matin, leur
époux les devança au champ et leur demanda de le rejoindre lorsque le
repas de midi serait prêt.
C’est ainsi dit que, après
avoir fini leurs travaux ménagers, les deux femmes, partirent rejoindre
leur époux au champ pour lui apporter de quoi manger. A mi-chemin, le
ciel qui était couvert de nuages laissa tomber ses premières gouttes.
Elles continuèrent à marcher, mais bientôt se fut la tornade. N’ayant
pas de quoi se protéger pour continuer le chemin, la première femme
proposa d’aller se mettre à l’abri, avec le bébé, dans un tronc d’arbre
mort. Etant à l’abri de la pluie, la femme aînée proposa à la plus
petite d’attendre, qu’elle-même allait sortir pour s’assurer de l’état
de la pluie et qu’elle reviendrait le lui dire.
Lorsqu’elle sortit, elle se
mit à chanter et ordonna au tronc d’arbre de se fermer ; sous son
ordre le tronc se ferma sur la pauvre femme et son fils.
Quand la première femme arriva
au champ, son mari lui demanda où était restée sa plus jeune femme.
Elle répondit qu’elle ne savait pas. Elle dit à son mari que sa bien
aimée l’avait devancé au champ.
Dans sa fureur, l’époux
rentra au village, informa la famille, le quartier, et tout le village de
la disparition de sa jeune femme. Sur-le-champ, le village sortit à la
recherche de la jeune femme.
Les jours passèrent, ainsi que
les nuits, mais sans résultat.
Désespérés la population
reprit les activités de chaque jour. Et voici qu’un jour, en allant au
champ apporter le repas à son mari, elle s’arrêta au même lieu, au
pied du tronc d’arbre, et commença à chanter. Un chasseur l’apercevant
de loin s’approche en se cachant pour bien l’observer, et écouter sa
chanson.
Il entendit la femme qui
chantait :
« Bonjour,
la bien aimée de mon mari,
Je passe, je vais porter le repas à ton mari,
Je sais que tu as faim, toi et ton enfant,
mais que faire,
Il n’y a pas d’ouverture
pour que je te donne à manger.
Oh ! , pauvre femme,
Le ciel s’occupera de toi.
Au revoir, je suis partie. »
Après avoir chanté, elle
chargea sa corbeille et continua son chemin. Sans tarder, le chasseur se
dépêcha d’aller informer son mari de ce qu’il a vu. Depuis ce jour
elle fut soupçonnée. Son mari lui demanda de nouveau :
« Où as-tu laissé ta
coépouse ».
Il menaça de la tuer si elle n’avouait
pas.
Elle eut peur, et finit par
avouer la vérité.
Accompagnés de leurs voisins, ils se rendirent au pied du tronc d’arbre
sec.
Elle commença à chanter en
disant :
« Arbre, ouvre-toi,
Je te supplie, ouvre-toi,
Je reconnais mes torts,
ouvre-toi,
je ne recommencerai plus,
Pardon, ouvre-toi. »
Et la femme du sein de l’arbre,
d’une voie tremblante répond :
« Ayez
pitié de moi.
Je veux voir le jour.
Sauvez moi et mon enfant.
Nous avons soif, et faim.
Venez à notre aide. »
Et soudain, le tronc d’arbre
s’ouvrit et la pauvre femme et son enfant sortirent tout affamés. Les
termites avaient mangé les fesses de la pauvre femme. Sans hésiter, ils
prirent les deux plats de tô qui se trouvaient dans les calebasses, et
ils remplacèrent les fesses de la pauvre femme. Et depuis là, la jeune
femme redevint normale.
Voici pour quoi les fesses de la femme sont plus
grosses que celles de l’homme.

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Pour
en savoir plus
Le Totem : recueil de contes du Burkina Faso
L'Harmattan, 1993.
Contes sanan
du Burkina Faso : La Fille Caillou
de Suzy Platiel, Jiang Hong Chen
(Illustrations)
Festival du conte "Djelya" au Burkina Faso
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