Association  Solidarité En Action

                  

 
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  Société et Traditions

Les burkinabés sont très attachés à leurs traditions et à leurs identité .Ils ont su préserver l'authenticité de leur culture . Les 68 ethnies qui composent le pays représentent autant de modes d vie différents .Il n'est donc pas possible de présenter la société burkinabé dans sa globalité, même si certaines caractéristiques se retrouvent chez plusieurs ethnies .

Les ethnies

Le Burkina Faso compte une soixantaine d'ethnies d'importance numérique inégale, elles n'occupent pas toujours des aires géographiques précises. Certaines ethnies à tradition commerçante sont présentes dans tout le pays, en particulier dans les centres urbains et les gros villages. C'est le cas des yarse que l'on trouve dans tout le pays mossi et des dioula dans le sud-ouest et les villes.

Il en est de même pour les populations migrantes. Principalement les mossé qui, débordent largement de l'aire ethnique qui leur est attribuée sur la carte. Au fil du temps, ils se sont progressivement installés dans de nombreuses régions du Burkina Faso.
Les peul, peuple nomade, gardiens des troupeaux des agriculteurs de la zone soudanienne, victimes des sécheresses successives et de la désertification, migrent vers le sud du pays avec leur bétail, soit pour s'installer auprès des points d'eau permanents, soit pour transhumer en saison sèche. Ils restent dominants dans les provinces du nord-est

Il est difficile de regrouper toutes ces ethnies en « familles » plus ou moins proches, car chacune a une personnalité propre. Cependant, quelques critères permettent d'associer certaines ethnies dans un groupe plus large: parenté de langue, coutumes et traditions, organisation sociale, méthodes de mise en valeur du milieu, habitat....
Le critère, certes subjectif, mais qui nous semble le plus proche de la réalité est la conscience que chaque ethnie a d'être proche d'une autre ethnie. Cette conscience accorde une certaine importance aux origines historiques ou géographiques.

Les populations les plus anciennement installées, bobo, bwa, kurumba, gourounsi, pougouli, sénoufo, turka, gouin... en mettant à part le groupe Lobi venu de la rive gauche du Mouhoun en groupes successifs, en refoulant les gan, les dorosye et les vigue.

Les populations néo-soudaniennes
qui ont formé dans le passé des royaumes puissants
- les mossé, dont la forte organisation politique hiérarchisée a permis, après les avoir vaincus, d'intégrer les nyonyose, premiers habitants du pays, et de s'étendre au détriment des voisins, notamment les kurumba et les gourounsi ;
- les gourmantché, à l'est, auxquels peuvent s'apparenter les yarse ;
- les songhay, peu nombreux au Burkina Faso. Leur langue et leur culture sont totalement différentes de celles des autres ethnies. Ils ont eux aussi, constitué un grand empire historique.

Les populations mande)
, venues de la haute vallée du Niger; les marka qui se sont insérés dans le pays bwa, les samo et leurs parents les bisa, qui ont colonisé les marges du pays mossi.

Les populations du Sahel
, nomades en voie de sédentarisation
- les peul et leurs anciens captifs sédentaires, les rimaïbe,
- les touareg et leurs anciens captifs, les bella.

Deux groupes sont difficilement classables : les dogon, peu nombreux, débordent en populations résiduelles de leur aire d'origine (Mali) et les syemou, dans la région d'Orodara dont l'origine nous est encore inconnue.

Les langues

Au Burkina sahélien, on parle le foulfoulde chez les peul et le tamacheq chez les touareg.
Les langues parlées dans l'ensemble du pays par les populations d'agriculteurs se partagent en deux grandes familles: les langues gour et les langues mande.

les langues gour
, une étude les divise en dix groupes dont le gourma-moore, le grousi, le lobiri, le bwamu, le senoufo et le dogon.
- Le groupe gourma-moore comprend : le gourrna, langue des gourmantché et le moore-dagbani, sous-groupe réunissant le moore, langue des mossé, le dagara et le birifor.
- Au grousi appartiennent les langues des populations dites gourounsi, et divers autres dialectes, dont le kourounfe, parlé par les kouroumba.
- Le lobiri est la langue des lobi, des wile et de divers petits groupes de l'hinterland lobi.
- Le bwamu est celle des bwaba, de culture et de langue mande tout comme les bobo.
- Le senoufo et le dogon, comme leurs populations sont peu représentés.

Les langues mande
dites mande-nord sont principalement représentées au Burkina Faso par le dioula, utilisé dans les échanges commerciaux et qui fut la langue de diffusion de l'islam dans l'ouest du pays. On distingue les langues mande-sud, représentées par le bisa et le , langue des samo.
 

Voir la carte de répartition des dialectes

Rites et traditions  

C'est à l'ouest du pays, dans la région de Bobo-Dioulasso que l'on retrouve les grands danseurs, chanteurs et musiciens burkinabés. En fait, plusieurs des artistes de Ouaga sont originaires de familles de griot de la région de Bobo. On entend jouer le djembe, la balafon et la kora à n'importe quelle heure de la journée. Profitez des soirées à Bobo pour relaxer dans un maquis tout en écoutant un spectacle, … cela vous donnera probablement envie de danser.

La majorité des fêtes traditionnelles sont inspirées de nombreux rituels et coutumes animistes. Donc, puisque le Burkina est la terre d'accueil de près de 60 ethnies, ce petit pays regorge de fêtes traditionnelles. Lors de ces fêtes, on peut voir des vêtements de feuilles ou de cauris (coquillage de l'ancienne monnaie) ainsi que des masques superbes. Les grandes fêtes son généralement entre la période de la fin des récoltes et le début de la saison des pluies (avril-mai) mais selon les ethnies il existe plusieurs rites d'initiations et de célébration. Pour en citer quelques uns :

Les Samo (à l'ouest de Ouahigouya) font une grande célébration annuelle pour demander le retour de la pluie. Les danseurs portent des masques et leurs costumes sont couverts de cauris.

Les Bobo célèbrent la Fête de la Purification des villages. Les danseurs portent de grands masques à lames et des costumes de feuilles. Cette célébration a pour but de nettoyer les mauvaises actions de l'année écoulée et obtenir une récolte abondante.
 

Légende de Yennenga

Plusieurs buvettes, hôtels, et œuvres artistiques (bronze, bogolan et sculptures) immortalisent la grande guerrière Yennenga, personnage important du royaume mossi. Plusieurs familles burkinabés, particulièrement sur le plateau Mossi portent le nom de son fils Ouedraogo. Voici un résumé de cette légende- si vous êtes au Burkina, demandez à un vieux de vous raconter l'histoire - elle est tellement belle racontée de vive voix.

Yennenga était la fille de Nédéga, Roi de Dagomba (situé dans l'actuel Ghana). Vaillante guerrière, elle montait admirablement à cheval et savait combattre à la lance et au javelot. Un jour, que son cheval l'a entraîné trop loin dans la forêt, elle est recueillie par un chasseur d'éléphants nommé Rialé. Il la soigne et l'héberge chez lui. De leur rencontre naît un fils qu'ils nomment Ouedraogo (étalon-cheval mâle ) en l'honneur du motif de leur rencontre. C'est Ouedraogo qui fonda Tenkodogo, le berceau du royaume Mossi où il donne naissance à une abondante progéniture. Pour les Mossis, cette petite ville est toujours vénérée car elle est considérée comme le berceau du puissant empire Mossi, dont la solide organisation et l'armée (surtout cavalière) vont lui permettre de dominer toute cette région d'Afrique de l'ouest et se perpétuer jusqu'à l'époque moderne.

Les différents Habitats au Burkina Faso :

- les cases peulhs :

        

L’habitat lui-même est en secco (paille) soutenu par des branches de bois. Le sol est tapissé de sable conformément au milieu culturel des peuls. Sur les principes de l’habitat peul, il y a lieu de relever que les peuls comme les touaregs sont un peuple nomade. L’habitat est donc sommaire, précaire et constitue même s’il est unique tout l’univers de la communauté, laquelle est en générale très réduite. La case est donc tout l’univers de la vie communautaire des peuls. Il y a d’abord le lit pour le séjour ; celui-ci est à étage et toute la communauté doit pouvoir y vivre. Au bas étage, c’est pour le père et la mère. L’étage est réservé aux enfants. La partie réservée au père et à la mère est tapissée de nattes richement décorées ; dans ce milieu il n’y a pas de matelas. Plus un homme aime sa femme, plus il y a de nattes. Le chef de famille de l’habitat peul du Musée de Manéga aime particulièrement sa femme…  La case (l’habitat peul) constitue par ailleurs en même temps la cuisine. On remarquera le foyer de cuisine à droite à l’entrée ainsi que les différents ustensiles nécessaires. La case peul (l’habitat peul) constitue également le lieu de travail particulièrement de la femme. Ainsi il existe tous les éléments pour traire les vaches de lait quotidien et la confection de beurre. Il est ainsi des gobelets en bois et plusieurs récipients pour ce mode de travail. La case peul (l’habitat peul) constitue aussi le centre commercial. C’est ainsi qu’il y a plus de 75 calebasses, gourdes, vans pour le commerce lié à la vie des peuls.

- L' Habitat Senoufo :

Les Sénoufo constituent un peuple situé au carrefour des frontières entre le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali. La colonisation a porté peu atteinte aux formes d’expression de la culture.

Dans certaines zones, l’hermétisme de la cité entraîne un repli sur des principes ésotériques et sacrés. Il faut souvent non seulement être du groupe, mais même avoir subi des initiations à divers degrés pour pouvoir prendre part et connaître les rituels de cette Afrique profonde.

- L'Habitat Bobo :

Le peuple MADARE ou dans l’expression courante de nos jours " Bobo ", s’est installé par vagues et migrations successives entre le Xè et le XVIIIè siècle.

La première fut du Mandé à Timina, une vingtaine de kilomètres à l’est de Bobo Dioulasso actuel. Le territoire qui accueille le peuple s’étend sur 120 km du nord au sud et 50 à 80 km d’est en ouest ; l’ethnie s’étend même au nord et plusieurs familles sont réparties entre le Mali et le Burkina. La population est estimée à environ 200 000 âmes réparties sur 117 villages.

Pour plus d'informations sur les Habitats, n'hésitez pas à aller visiter le Musée de Manega qui dispose aussi d'un site internet  ( à 50 Km au Nord de Ouagadougou )

 

Proverbes burkinabés :

- La nourriture du crapaud ne se trouve pas dans l'arbre = ce qui n'est pas à notre portée ne nous est pas destiné

- Un vieux assis voit plus loin qu'un jeune debout

- Tant qu'on ne coupe pas la queue du margouillat, il ne  trouvera pas son trou = on ne se protège que lorsqu'on est vraiment en danger .

- La faim vaut mieux que la honte

- La main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit

- La parole est comme l'eau : une fois versée tu ne peux plus la ramasser

- Si ton père prend soin de toi jusqu'à ce que tes dents poussent , prends soin de lui jusqu(à ce que les siennes tombent .